Affaire d'Outreau.

Publié le par Julie

   On se souvient tous de cette"affaire d'Outreau", du nom de la ville du Pas-De-Calais, où se sont déroulés tous les faits!

   Plusieurs enfants d'une même cité, et plus précisément d'un même immeuble, ont accusé 18 personnes d'abus sexuels.

En mai et juin 2004, aprés une enquête de plus de 3 ans, s'ouvrait, enfin le procés dit: "procés d'Outreau". L'affaire, avait, à l'époque, dréfrayé la chronique, on parlait d'une affaire Dutroux à la française. Dix-sept personnes soupçonnées d'appartenir à un vaste réseau international de proxénétisme d'enfants étaient sur le banc des accusés.

   Le procès réduisit finalement les faits à une sordide mais banale affaire d'inceste. Sept des dix-sept accusés - qui tous sauf quatre avaient toujours clamé leur innocence - furent finalement acquittés et six faiblement condamnés après avoir purgé de lourdes peines en prison préventive, pour certains pendant plus de trois ans sur la seule foi de déclarations mensongères ou inexactes de certains adultes et enfants. Le verdict était toutefois surprenant: condamnation de six personnes pour lesquelles la plupart des charges semblaient s'être effondrées pendant le procès : ceux-là, continuant de clamer leur innocence, ont fait appel du jugement.

   Et en novembre 2005, à la Cour d'Assise de Paris, s'ouvrait ce procès en appel!

  Dès les premiers jours l'accusation s'était effondrée, suite aux aveux de la principale accusatrice qui déclarait que les six appelants "n'avaient strictement rien fait" et qu'elle avait menti. Son ex-mari avait soutenu ces déclaration. Durant l'audience, les expertises psychologiques avaient également été remises en cause, tant elles avaient paru biaisées et peu sérieuses. Les dénégations de deux enfants qui avaient reconnu avoir menti avaient également participé à affaiblir l'accusation.

   A la fin du procès, l'avocat général avait requis l'acquittement pour l'ensemble des accusés. La défense avait renoncé à plaider, préférant observer à la place une minute de silence pour François Mourmand, mort en prison par suicide dans les premières années de l'affaire. Fait exceptionnel, le procureur général de Paris,  était venu dans la salle d'audience pendant les délibérations pour présenter ses excuses aux accusés au nom de la justice, avant même le rendu du verdict - ce qui lui a été reproché par plusieurs magistrats.

   Enfin, le jeudi 1er décembre 2005, un verdict d'acquittement général pour l'ensemble des accusés a été rendu par le jury, mettant fin à cinq années de ce qui est souvent qualifié, depuis le premier procès, d'un « naufrage judiciaire », voire d'un Tchernobyl judiciaire.

   Le 5 décembre, cinq jours après le verdict de la Cour d'appel, Jacques Chirac, avait publié un communiqué indiquant qu'il avait souhaité écrire à chacune des personnes concernées pour leur exprimer, à titre personnel, toute son émotion et son soulagement, et leur présenter, "en tant que garant de l'institution judiciaire", regrets et excuses. Sur les raisons des dysfonctionnements et des éventuelles responsabilités qui ont conduit à cette « catastrophe judiciaire», il avait tenu à préciser aux victimes que des enquêtes étaient lancées, que toutes les conséquences en seraient tirées et qu'il y veillerait personnellement.

Le 18 janvier 2006, ceux qu'on nomme les « acquittés d'Outreau » purent exprimer leur vision du système judiciaire dans le cadre d'une enquête menée par une Commission d'enquête parlementaire crée par l'Assemblée Nationale en Décembre 2005.  La description poignante du calvaire vécu par les accusés, depuis la garde à vue jusqu'au procès, la destruction de leurs vies et de celle de leurs enfants (l'un des accusés, Alain Marécaux, fit une tentative de suicide quelques jours après son audition par la commission) et les dénonciations incisives de leurs avocats, ont causé une vive émotion dans tout le pays.

   Il en est ressorti : d'abord concernant la justice : tous les échelons de l'appareil judiciaire furent mis en cause, surtout les pouvoirs importants du juge d'instruction, le non-respect de la présomption d'innocence, le recours à l'emprisonnement préventif ainsi que l'importance donnée aux expertises psychiatriques, jugée trop grande

   Ensuite les acteurs sociaux ont également été mis en cause, notamment les experts psychiatriques et les professionnels (assistants sociaux, etc.) qui avaient recueilli la parole de l'enfant, mais aussi les associations de protection de l'enfance accusées de faire du "lobbying" et d'exercer une forte pression sur les juges en dressant le spectre du scandale.

   D'autres critiques ont porté également sur le rôle des services de police, qui avaient pu prendre des libertés par rapport à la présomption d'innocence et avaient pu avoir un manque de neutralité.

  Ce fut un procés qui, je crois, nous a tous tenu en haleine! C'est la première fois depuis que l'on accorde une confiance aveugle en la parole des enfants, que l'on revient sur des témoignages d'enfants abusés!

  Face à cette injustice, nous sommes tous partagé! Le juge Burgaud a-t'il, simplement fait son boulot; dans un contexte relativement perturbé! Ou bien s'est-il laissé emporté par l'opinion publique qui aimerait que toutes ces affaires de pédophilie se terminent enfin par de vraies condamnations, et donc attendait des mesures disciplinaires pour les accusés!

  Ces six derniers accusés, emprisonnés pour des choses qu'ils n'ont jamais effectué, leurs enfants confiés aux services sociaux et donc, placés en famille d'accueil, pendant 3 ans, ont ENFIN, la possibilité de raconter leur histoire, leur ressenti par rapport à ce qui c'est passé!

   De faire, payer à ce juge,le suicide d'un des leurs; la mort d'une mère qui a entamé une grève de la faim pour que son fils lui revienne et qui en est morte 2 mois aprés; la mort d'une autre mère atteinte d'un cancer qui s'est laissé mourir car elle ne pouvait lutter sur plusieurs fronts à la fois! Toutes ces peines subies, endossées, pleurées etc etc à cause d'un juge peut-être, un peu trop zélé.

  Certains disent que le juge Burgot leur donnait l'impression d'être Dieu! Il avait droit de vie et de mort sur eux, sans qu'ils ne puissent dire quoi que ce soit! Le silence se faisait par son entrée, tout le monde lui obéissait au doigt et à l'oeil! Un véritable Dieu vivant cet homme!

    Cet homme qui avait juré leur perte!

  Il est entendu en ce moment par la Commission, il n'est pas là pour être jugé par ses paires mais bel et bien pour savoir si oui ou non il est allé trop loin dans cette affaire, si oui, ou non il s'est laissé emporté par les médias qui, comme à leur habitude, voulait du sang à étaler sur leur journeaux!

  J'espère que par cette injustice commise sur ces 6 personnes, la justice va se remettre en question! La loi, les jugements donnés, ne sont plus impartiaux, mais totalement corrompus! Ce n'est qu'un simulacre de justice, une gigantesque pièce de théatre dans laquelle les acteurs principaux, sont les avocats, les juges d'instruction ... et le rôle secondaire: la société! Ils sont tout puissants, soi-disant omniscients, mais n'ont plus auun sentiment humain, aucune pitié!

 La fin de mon article est trés morose,j'en suis consciente,  je pose sur la justice un regard dédaigneux et condescendant, mais tellement réaliste!

 

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Publié dans Réflexions diverses.

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